Le 10 mai 2026, la communauté de Morannes a célébré les 150 ans de présence des Petites Sœurs de Saint François d’Assise. Une journée marquée par l’action de grâce, la rencontre et la joie, réunissant habitants, paroissiens, amis de la congrégation, Chrétiens Associés et sœurs venues de différents horizons.
Lors de la messe célébrée en l’église de Champigné par le Père Vianney Bouyer, chacun a été invité à relire cette longue histoire commencée en mai 1876 avec l’arrivée des trois premières Petites Sœurs. Depuis lors, 184 sœurs se sont succédé à Morannes, portant dans le quotidien la mission confiée par Mère Joséphine, fondatrice de la congrégation en 1873.
Dans son mot d’accueil, Sœur Chantal Blanchet, supérieure générale, a rappelé la personnalité de Mère Joséphine : une femme de foi, profondément humaine, attentive à chacun, « une sainte de la porte d’à côté ». Elle a souligné combien ces 150 années constituent une véritable histoire de vie partagée avec toute une population. Les premières sœurs étaient garde-malades ; aujourd’hui encore, la mission se poursuit sous d’autres formes, dans les lieux de vie, de travail, de rencontre et de solidarité. À travers leur présence, leur écoute et leur prière, les Petites Sœurs continuent de prendre soin des personnes rencontrées.


Dans son homélie, le Père Vianney Bouyer a mis en lumière le lien entre l’Évangile proclamé ce jour-là et la mission vécue à Morannes depuis un siècle et demi. À l’image de Philippe annonçant l’Évangile en Samarie, les Petites Sœurs ont été et demeurent des messagères de la joie de l’Évangile. Une joie qui se traduit concrètement par l’attention portée aux plus fragiles, la proximité avec ceux qui souffrent et la certitude que personne n’est abandonné.
Le prêtre a particulièrement souligné l’importance de la prière portée chaque jour à l’oratoire. Derrière les petits papiers déposés avec des intentions de prière se cachent des vies, des joies, des inquiétudes, des combats. Par leur fidélité à la prière et leur vie donnée, les Petites Sœurs rendent visible la présence du Christ au cœur du monde.
Tout au long de la journée, les différents temps de prière ont permis de relire cette histoire sous le signe du service et de la gratitude. Les textes médités ont rappelé que l’appel reçu il y a 150 ans demeure actuel : vivre à la suite du Christ Serviteur, témoigner de l’amour gratuit de Dieu dans les gestes simples du quotidien, prendre soin des frères, des sœurs et de toute la création.
Les vêpres ont été l’occasion de rendre grâce pour les nombreux liens tissés au fil des générations, pour la naissance des Chrétiens Associés qui prolongent aujourd’hui l’intuition spirituelle de Mère Joséphine, et pour cette « sève » toujours renouvelée qui permet au charisme de continuer à porter du fruit dans des contextes nouveaux.
Cet anniversaire n’a pas seulement été une célébration du passé. Il a été l’expression d’une histoire toujours en marche. Avec l’arrivée récente de nouvelles sœurs et l’ouverture d’une fraternité intercongrégationnelle, une nouvelle page s’écrit à Morannes. Fidèle à ses origines et attentive aux appels de notre temps, la communauté poursuit son chemin dans la confiance, la paix et la joie de l’Évangile.
Cent cinquante ans après l’arrivée des premières Petites Sœurs, l’histoire continue !
Le mot d’accueil de Soeur Chantal Blanchet, supérieure générale
Bonjour à vous tous, quelle joie d’être parmi vous ce matin, et je ne suis pas seule (ce matin il y a avec moi des Petites Sœurs de St François et des chrétiens associés qui cheminent avec nous ..ils peuvent se lever !) merci au Père Vianney de nous accueillir en cette église…c’est un peu grâce à mère Joséphine si nous sommes réunis…mais connaissez-vous mère Joséphine ?
C’est elle qui a donné naissance à la congrégation des Petites Sœurs de St François, le 8 décembre 1873 à Angers. Née en ces terres du nord Maine et Loire, sous le nom de Louise Renault, d’une famille simple, c’était une femme de foi, dotée d’un solide bon sens, remplie de bienveillance et très humaine avec toute personne rencontrée. Un peu comme une « sainte de la porte d’à côté » comme le dirait le Pape François. Sa vie parle encore aujourd’hui.
Ce dimanche nous fêtons grâce à elle, un anniversaire : celui des 150 ans de présence d’une fraternité de Petites Sœurs à Morannes. Célébrer 150 ans de vie en un lieu est une vraie grâce, une grâce qui permet de déceler les pas de Dieu dans cette longue histoire de VIE, 184 Petites Sœurs se sont succédées à Morannes depuis mai 1876. Tout au long des jours, dans le quotidien d’une vie toute simple, des Petites Sœurs ont croisé la route de beaucoup de gens, à la manière de Mère Joséphine en accueillant avec bonté chaque personne rencontrée. Hier, pour ceux d’entre vous qui êtes passés à la fraternité de Morannes, vous avez pu saisir davantage ces pages de vie. Cette histoire est celle de tout un peuple…c’est aussi un peu la vôtre !
Les premières Petites Sœurs prenaient soin de la population comme garde malades…Dans leur sillon, les Petites Sœurs d’aujourd’hui continuent, à leur manière de prendre soin de tous ceux qui croisent leur route, à l’hôpital, à la maison de retraite, dans le train, sur le marché, dans leur jardin, à l’école, à la fraternité et dans tant d’autres lieux…Leur prière accompagne chacun, chacune. Et cette belle histoire continue de s’écrire avec Hélène nouvellement arrivée qui ouvre ainsi en ces lieux, avec Claire, Marie, Michelle et Régine une page d’inter congrégation. Cette histoire continue de s’écrire encore avec chacun, chacune de vous.
Célébrer 150 ans permet bien sûr de convoquer l’histoire. Mais convoquer l’histoire…ce n’est pas seulement faire mémoire du passé…Convoquer l’histoire, c’est aussi rendre grâce au Seigneur pour ce chemin de VIE tracé au long des âges…un chemin qui permet de témoigner qu’une VIE DONNEE « en forme d’Evangile est source de joie profonde.
Entrons avec joie dans cette célébration et « rendons au Seigneur tous les biens qui lui appartiennent ».
L’homélie du Père Vianney Bouyer
Il y eut dans cette ville une grande joie. Et cette joie, cette grande joie venait de l’Evangile ; Philippe avait quitté Jérusalem pour la Samarie, à peine 20 km au nord de Jérusalem. C’était déjà une ouverture de venir chez ces samaritains qui avaient une drôle de religion, la religion d’Israël mais avec une foi différente.
Philippe a pourtant tenté l’aventure de la Samarie et c’est la joie, une grande joie. Quand l’Evangile de Jésus est annoncé quelque part, l’Evangile laisse une grande traînée de joie : le mal s’enfuit devant la joie, les malades sont guéris et c’est la joie.
Nous aussi ce matin nous sommes pleins de joie et cette joie, elle nous vient de l’Evangile. Les Petites Sœurs depuis 150 ans sont pour nous les messagères de la joie de l’Evangile. Bien souvent la souffrance était soulagée, allégée par des générations de Petites Sœurs infirmières, et avec les piqûres et les remèdes, la joie de l’Evangile est passée. C’est la joie de compter pour quelqu’un, la joie d’être écouté, respecté et aimé. La joie de ne pas être laissé à sa souffrance et à sa misère.
Nous avons entendu la promesse de Jésus avant de partir « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous ». Un chrétien n’est jamais seul abandonné à lui-même, orphelin. Aucun disciple de Jésus ne peut dire à Jésus « Tu m’as laissé tout seul, j’ai l’impression d’être lâché par tout le monde ! ». Jésus ne nous lâche pas, Jésus ne nous abandonne pas à nous-même comme des petits enfants sans surveillance, sans parents, comme des pauvres anciens qui n’ont plus de visites.
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous ». L’Esprit Saint vient assurer près de nous la présence de Jésus, l’Esprit de Jésus est notre conseiller, notre consolateur qui nous fortifie, qui nous réconforte. L’Esprit Saint sera toujours avec nous, c’est la promesse que Jésus a faite avant de quitter ses amis. « L’Esprit Saint sera toujours avec vous » et c’est vrai. Et Jésus dit aussi que l’Esprit Saint ouvre la porte de notre vie, de notre cœur à Dieu, au Père et au Fils. Cette grande présence mystérieuse, ce grand feu d’amour brûlant vient habiter notre vie si nous voulons bien nous ouvrir à cette présence.
« Celui qui m’aime, celle qui m’aime, sera aimé de mon Père et moi aussi Jésus je me manifesterai à lui, à elle je me manifesterai, je montrerai que je suis là ». Jésus n’est pas dans les nuages, Jésus est présent à nous. Ce n’est pas une idée, Jésus est une personne et une présence. Celui qui m’aime.
Chères Petites Sœurs, c’est peut-être le plus important dans votre maison de Morannes, vous assurez la présence de Jésus par votre prière, votre accueil, votre vie donnée. Jésus par vous est présent à nous, à nous tous. Dans votre oratoire, il y a une petite table avec des petits papiers et sur ces papiers, il y a des noms, les noms des personnes qui sont confiées à votre prière : des malades, des personnes en difficulté, certaines de ces personnes vous les connaissez, d’autres non, c’est nous qui avons demandé de prier pour elles. Parmi ces personnes il y a des croyants, des incroyants, des personnes qui ne sauront jamais que vous pensez à elles, que vous les confiez à Dieu pour qu’elles ne se sentent pas orphelines, oubliées, sans présence.
Chères Petites Sœurs, à votre manière (il y en a bien d’autres des manières d’aimer) vous assurez la présence de Jésus parmi nous. Si vous n’étiez pas là, bien sûr il manquerait des bras pour s’occuper des jeunes, des anciens, de la paroisse et même de la création. Oui c’est sûr, si vous n’étiez pas là il manquerait des bras mais bien plus il manquerait un cœur, des cœurs pour aimer Jésus, aimer Jésus, lui donner son temps, sa présence. Aimer Jésus, parler à Jésus de ceux et celles qui se sentent orphelins.
Frères et sœurs, paroissiens de Ste Claire, on pourrait se dire, on est tranquille, on a les sœurs, elles aiment Jésus pour nous mais ce n’est pas comme ça que ça marche. C’est chacun, chacune de nous, baptisé qui est appelé à aimer Jésus, à le faire habiter là où nous habitons. Nous avons de la chance, nous avons des sœurs pour nous entraîner à aimer Jésus. Jésus, comment se fait-il donc que nous t’aimions si peu ?
Les prières de la journée
Prière à l’oratoire Saint Michel
Extrait de la prière à 12h avant l’apéritif
Seigneur Jésus Toi le Serviteur, fils de Dieu et Fils de Marie,
Béni sois-tu !
Pour accomplir l’œuvre du Père et nous révéler son amour,
Tu as parcouru les villes et les villages
En faisant du bien à tous les hommes.
Il y a 150 ans tu as suscité l’arrivée de nos trois premières Petites Sœurs pour prendre soin de la population.
Aujourd’hui, tu nous appelles à vivre comme le Christ-Serviteur,
Le mystère de ta charité dans ta vie agissante.
Et tu nous envoies en fraternité
Témoigner de l’amour dont nous sommes aimées,
Dans la louange, la prière, le service et le prendre soin de nos frères et sœurs et de toute la création.
Pour que, là où nous sommes nous soyons des témoins de l’AMOUR GRATUIT, dans la PAIX et la JOIE.
Que ton Esprit renouvelle en nous la grâce des origines.
Que ta charité règne en nous,
qu’elle convertisse notre regard et notre cœur,
qu’elle nous rende attentives aux détresses de notre temps,
qu’elle nous fasse tout entreprendre et tout accomplir
pour le service de nos frères et de toute la création.
Vierge Marie,
Tu as appris à Jésus les gestes quotidiens
qui rendent visible l’amour de Dieu.
Obtiens-nous d’être disponibles à l’Esprit
pour accomplir nous aussi l’œuvre du Père, à travers tous les petits gestes de la vie quotidienne dans l’attention à chacun.
Extrait de la prière des Vêpres
Seigneur nous te rendons grâce pour les 150 ans de présence de nos Petites Sœurs à Morannes, pour tous les liens tissés au fil des années, pour le soutien de tant de personnes au quotidien.
Aujourd’hui ton évangile continue à saisir les personnes, nous sommes témoins des signes de l’œuvre de l’Esprit et nous t’ en rendons grâce.
Merci pour la naissance des Chrétiens Associés désireux de se nourrir des réalités spirituelles vécues par Mère Joséphine.
Merci pour Ta sève sans cesse renouvelée, et adaptée à chaque époque.
Elle fait naître et grandir TA VIE aujourd’hui comme hier.
Notre Père
Saint François, notre frère, toi qui, il y a huit cents ans,
Allais à la rencontre de sœur mort comme un homme apaisé,
Intercède pour nous auprès du Seigneur.
Toi qui as reconnu la vraie paix dans le Crucifix de Saint-Damien,
Apprends-nous à chercher en Lui la source de toute réconciliation
Qui abat tous les murs.
Toi qui, désarmé, as traversé les lignes de guerre
Et d’incompréhension,
Donne-nous le courage de construire des ponts
Là où le monde érige des frontières.
En cette époque marquée par les conflits et les divisions,
intercède pour que nous devenions des artisans de paix :
des témoins désarmés et désarmants de la paix qui vient du Christ.
Amen.